Du Projecteur sur les Hotsi2

Ils sont un groupe de jeunes togolais, tous des mordus de la musique qui ont décidé en un moment de leur vie d’imprimer une directive à leur existence à travers la musique. Un choix pas facile surtout quand on est en Afrique. Mais ces jeunes armés de courage, de persévérance et beaucoup d’abnégation sont arrivés aujourd’hui à faire la fierté de plus d’une personne pour ne pas dire la fierté de toute une nation. Ils ont compris depuis 1998 qu’être ensemble et solidaire ils peuvent déplacer les montagnes. C’est la preuve tangible de cette union qui est servi royalement aux mélomanes togolais. La rédaction de www.tootogo.tv s’est donnée le devoir de partager avec vous, les lecteurs, l’intimité de ce groupe mythique qui sait faire de la bonne musique. Le leader du groupe Didier SEMANOU se confie à vous.

Didier, vous êtes le président du groupe musical HOTSI2. Parlez-nous de votre groupe.

HOTSI, c’est un groupe Afro Mix qui est fondé depuis 1998 et qui travail sur la musique de notre terroir, traditionnelle comme moderne, et qui a des visions de promouvoir la musique togolaise sur le plan international.

Comment Didier est-t-il arrivé à la musique ?

Ca, c’est tout une longue histoire. Ca fait très longtemps. J’étais au CM2, je jouais au football très bien. Tous ceux qui me connaissent peuvent le témoigner. J’ai des amis musiciens. Un jour, on était parti jouer au football quand ces amis là m’ont vu, et ils ont dit waou ! Tu joues bien. Il faut venir jouer pour notre équipe. Et très souvent je vais jouer avec eux. Maintenant, un jour, ils m’ont invité chez eux. C’est là que j’ai su que tous les membres de la famille sont des musiciens. Le papa, le grand frère, tout le monde est musicien. Leur frère jouait bien une vielle chanson avec sa guitare. Quand je l’ai écouté, j’étais ébahi et j’ai eu toute de suite envie d’apprendre à jouer. Donc, c’est partir de là. Et puis en 1986, on était très petit, ils m’ont entrainé à jouer. Du coup, je suis imprégné de la musique, je veux réussir, je veux apprendre et puis, j’ai commencé avec la guitare accompagnement et quelques mois plus tard, je suis retourné à la guitare basse. Petit à petit, j’ai commencé. Aussi, j’ai fait la jeunesse et sport dans l’école de musique avec Monsieur Madjé dans le temps. Et puis j’ai joué avec Beaugah Adogli, il y avait eu Carlos et Akitani. Il y avait eu aussi beaucoup de jeunes avec qui j’ai joué. Jeannot Viana, paix à son âme, le frère d’Amen Viana. On jouait ensemble, et puis on a commencé par faire du récital à partir 1988. Il y avait de ma promotion comme Joël combaté, Edna…, il y a beaucoup de jeunes avec qui on jouait et c’est parti de là que j’ai attrapé le virus de la musique.

On a appris que Didier a fait parti d’un groupe de chorale. Est-ce vrai ?

Avant oui. Je jouais ici à la chorale Amitié au collège Saint Joseph de Lomé et puis ma chorale même c’est le groupe Aurore à Amoutivé qui existe toujours.

Faites-nous un peu l’historique du groupe HOTSI2. Comment il a été formé ?

L’équipe a été formé comment ? (Rires…) J’étais bassiste, et je jouais pendant la semaine culturelle et autres avec les frères Tchibozo. Ça ! C’est quand j’étais au collège polytechnique Bruce (Tadjin). Il y avait eu premièrement un groupe HOTSI 1. Le temps de la grève, tout le monde a quitté le pays et je me suis retrouvé seul. Mais, je ne me suis pas découragé. J’ai continué par jouer moi seul, et puis, un jour j’ai découvert Innocent Eklu qui jouait à la guitare solo et qui venait de découvrir mon talent de bassiste. Il dit, « J’ai des morceaux, il faut qu’on fasse quelque chose ». Je lui ai dit que moi aussi je compose des morceaux, je les arrange, si tu veux, tu peux arriver, et je suis sûr qu’on pourra faire quelque chose ensemble. Et puis on a commencé lui et moi, ensemble. Fallon (ma femme actuelle) nous a rejoints comment ? Il y a mon frère qui l’avait vu joué quelque part, qui l’a introduit à nous et puis elle a aimé comment nous jouons, ce que nous faisons et elle a intégrée le groupe. Ensuite, il y a Etienne qu’un ami m’a amené et qui joue bien à la percussion. Il est arrivé, il est tombé amoureux du groupe. Il y a aussi Fanny qu’on a rencontrée à Adidogomè dans une église où elle faisait parti d’une chorale. Elle chante merveilleusement bien et elle a fini par rejoindre le groupe plus tard. Et c’est ainsi que le groupe HOTSI a pu naitre. Et vers la fin de l’année 1998, King Mensah nous avait découvert en jouant, et il a voulu qu’on fasse sa première partie pour sa première tournée de Lomé, Sokodé et Kara. De là, HOTSI est allé en studio pour sortir l’album Africavi, le tout premier du groupe. L’album sur lequel figure Sitou. (Bénédiction). Qui est l’un des titres phares de l’album.

Dites- moi. Il y a HOTSI1 et HOTSI2. Pourquoi la dénomination HOTSI2 ?

Ce n’est pas HOTSI1 et HOTSI2. Il y a HOTSI tout court avant. Mais comme HOTSI a pris du temps pour se relever, on dit, HOTSI se relève de nouveau. HOTSI 2 en force. C’est toujours HOTSI, mais on a mis deux seulement. HOTSI en force, HOTSI renouveau. Aussi HOTSI2 ne veut pas dire Didier et Fallon. HOTSI renouveau.

Aujourd’hui, HOTSI 2 n’est pas très connu du public togolais. HOTSI2 s’est installé aux USA. Alors, qu’est-ce que HOTSI a comme bagage musicale aujourd’hui, et qu’est-ce qu’il fait depuis (2002) que vous avez quitté Lomé. Qu’est-ce que HOTSI est devenu ?

HOTSI une fois parti de Lomé, n’a pas voulu s’éteindre. Mais les circonstances ont fait qu’il y a eu une pose, cherchant à poser une fondation, avant de se relever. Tu ne peux quitter Lomé et faire facilement ce que tu as envie de faire. A moins que tu aies quelqu’un qui te soutienne. HOTSI n’a pas de soutien. Les gens ont cru que HOTSI s’est éteint, mais on a travaillé très dur pour se développer et arriver là où on est maintenant. Donc on a voulu démontrer au public togolais qu’on est encore débout. C’est pourquoi on a crée notre propre studio. Maintenant, on se produit nous-mêmes et on avance quoi !

Vous avez dit, HOTSI2 ne s’est pas éteint ? HOTSI2 renaît de ses cendres en quelque sorte ? Alors Qu’est-ce que HOTSI propose pour annoncer son retour sur la scène ?

HOTSI propose son single et quelques vidéos qu’on a faits pour redonner naissance à notre groupe. HOTSI veut beaucoup promouvoir sa musique au-delà des frontières togolaises et autre. Et puis, HOTSI propose aussi une collaboration avec les artistes de la place pour qu’on évolue ensemble.

HOTSI2 c’est tout un groupe. Mais on constate qu’il y a certains membres qui sont restés à Lomé et le reste du groupe qui réside aux Etats Unis. Comment se fait votre collaboration ?

Notre collaboration se fait à distance. Ce qui a fait qu’on est toujours ensemble, c’est qu’il y a de l’amour entre nous. On a confiance à ce qu’on fait, on travaille très dur, et puis, il y a aussi la technologie qui fait que, on peut faire une musique là-bas et communiquer avec ceux qui sont ici pour nous donner des idées, pour qu’on enregistre une musique ensemble. C’est ce qui rend facile la collaboration avec les autres membres du groupe restés au bercail. Vous savez aujourd’hui on ne parle plus de distance entre les nations et même pas entre nous les hommes ? Parce que la technologie a tellement évoluée et faciliter les choses de telle manière que le monde est devenu un village planétaire.

Depuis tout ce temps, qu’est-ce que Didier en tant que président du groupe est devenu ?

Didier est devenu ingénieur de son, et en plus de cela, directeur de film. Didier produit tout le groupe, il est réalisateur de film également. C’est en tout cas, ce que je suis devenu aujourd’hui.

Souvent dans les clips pour ceux qui connaissent le groupe HOTSI, on a l’impression que le groupe HOTSI se limite à Didier et Fallon. Qu’est-ce qui donne cette impression ?

Non, c’est parce que nous, on est là-bas, on se voit de temps en temps en tant que chanteur, parce qu’il y a Etienne qui est percussionniste et Fanny qui est choriste. On ne les voit pas comme ça. On n’est pas sur place pour faire des vidéos ensemble, c’est pourquoi les gens croient cela. Au fait, HOTSI se compose de Didier, Fallon, Etienne, Fanny et puis Innocent. Je voudrais faire remarquer que HOTSI ne se limite pas seulement à Didier et à Fallon.

Vous préparez ardemment votre quatrième album. On vous connait sur le premier album avec le titre Sitou, le deuxième album avec Frét, et le troisième album avec Biova. Qu’est-ce que vous allez mettre sur ce quatrième ?

Bon, les gens ont beaucoup aimé Sitou. Nous voulons rester dans cette lancée pour véhiculer des messages de cœur, la paix, l’amour et autre au public togolais, parce que c’est ce que le public aime. On veut rester dans ce sens pour leur faire plaisir. Vous voyez ? On ne veut pas aussi être très américain, on veut faire un mélange de la musique américaine et de la musique togolaise qu’on appelle Afro Mix. C’est ce qu’on est entrain de faire maintenant. Je crois qu’il y a des musiques qu’on est entrain de faire que le public va aimer.

Didier, vous venez de dire tout à l’heure que vous êtes un ingénieur de son. En tant qu’un ingénieur de son, est-ce que vous avez quand même produit certains artistes américains ou de la diaspora togolaise ?

J’ai produit Ammy Coco, j’ai produit Mafi Bensa, j’ai produit beaucoup d’artistes américain aussi pour le rap. Je fais beaucoup. Je fais du R’n’B, le Rap, Zouk et tout. Il y a des béninois que je produits là-bas. Pour la vidéo, je produits, Eunice Mawussi, j’ai produit la dernière vidéo de Noelie Ekouwonou, (artiste du gospel) et puis la vidéo « Your Love » de Ammy Coco. Il y a d’autres vidéos. La vidéo de « Eniga » qui va sortir bientôt et d’autre que je fais.

Didier, on voit Fallon sur sa guitare, très souvent avec vous. Parlez-nous d’elle?

Fallon est purement guitariste, très talentueuse. Elle est aussi ma compagne, la mère de mes enfants. Et puis, elle est aussi arrangeur. Elle est, je dirai, très, très éveillée. Elle me donne toujours la force d’aller de l’avant, et puis… bon voilà. On est ensemble et c’est un élément clé de HOTSI.

Si on vous dit de choisir la musique et d’autre métier, qu’est-ce que Didier aimerait être ?

Un producteur de film. En dehors de la chanson, je veux produire d’autres artistes en tant que producteur, et puis, directeur de film, faire beaucoup de film aussi dans l’audiovisuel.

Didier, un dernier mot à l’endroit de vos lecteurs.

Je dirai, merci à nos fans, tous ceux qui ont aimé Sitou jusqu’aujourd’hui, ceux qui n’ont jamais cessé de nous accompagner, les journalistes. Je remercie nos mamans, toutes nos familles qui ne cessent de nous encourager. Et je remercie le grand Dieu aussi. C’est Dieu qui nous a donné la force de faire tout ceci jusqu’à maintenant.

Didier merci !

Merci à vous !

Sr.TOOTOGO

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